Parce qu’il faut bien prendre un peu de repos …
Réouverture début Janvier 2010 …
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( ♫ ) Death Of A Salesman (Low cover)
Je ne suis pas tant que ça l’actualité musicale. Je suis souvent en retard pour découvrir un groupe. J’aime chroniquer autant des groupes noisy-expérimentaux que des folkeux barbus vite oubliable, de la bonne power-pop et des albums tristes. J’aimerais vous parler plus de vieux disques que j’affectionne par dessus tout. J’aimerais aller moins vite dans un monde qui va trop vite. J’aime raconter des histoires dont certains disques que je chronique pourraient faire une excellente bande son. J’aimerais encore plus écrire ce genre d’histoire-là… Je ne pensais que ce blog tiendrait neuf mois, mais j’aimerais qu’il vive encore un peu. Centième post et quelques vacances bien méritées maintenant, on finit donc là et on se donne rendez-vous l’année prochaine …
Enregistré avec une vieille guitare folk, une basse fatiguée, et beaucoup d’Overdub. J’aime vraiment beaucoup ce morceau de Low …Par Mathieu
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C’était la fin de l’année, et le tas des disques à chroniquer commençait à ressembler à une montagne gigantesque. Paradoxalement, ce retard portait sur des disques plutôt faciles d’accès, qui s’écoutent rapidement, et je cherchais quelques sensations sonores qui puissent me sortir de ma léthargie hivernale. C’est alors que je tombais sur « Dos » le second album des Wooden Shjips, un quartette de San Franscico qui sortait cette année un grand disque de rock psychédélique.
L’album s’ouvre sur Motorbike et déjà ce rock se fait sauvage, garage et hallucinogène. La section rythmique possède une indéniable force hypnotique, la basse est profonde et caverneuse, tandis que la batterie est répétitive ; une assise puissante sur laquelle peuvent se poser sans difficulté guitare et clavier. Parlons-en de la guitare, noyée de fuzz, de distorsion et de delay, elle noie l’auditeur sous une élégiaque et abrasive lame de fond sonore, de quoi partir immédiatement dans un état second. Le clavier n’est pas en reste, il évoque autant les orgues fumeux d’Amon Düül II que le minimalisme rock du claviériste des Monks.
Si la formule pourrait s’avérer vite répétitive, les membres de Wooden Shjips savent ménager les auditeurs en leur livrant deux morceaux hypnotiques, qui constituent indéniablement des sommets de rock lysergique. Avec leurs dix minutes complètement hallucinantes, Down By The Sea et Fallin’ virent carrément vers le tribal, et c’est tout juste si on ne commence pas à voir quelques mirages avant que la voix d’Erik Johnson ne vienne nous rappeler en partie à la raison. Cette dernière évoque d’ailleurs un joyeux mélange entre celle d’Alan Vega et de Jason Pierce, histoire d’en rajouter une couche en matière de space-rock.
Voilà donc une excellente surprise, un grand disque rock, loin du circuit balisé de la pop actuel. Un bel album où la fuzz est reine, qui permet à Wooden Shjips de se poser comme de sérieux successeur de Spacemen 3. J’attend la suite avec impatience …
Par Mathieu
Publié dans Chroniques musicales | Taggé Alan Vega, Dos, Fuzz, Krautrock, Monks, psychedelica, Spacemen 3, Spacerock, Wooden Shjips | Laisser un commentaire »
Parce que la fin de l’année est toujours propice aux tops, sélections et autres florilèges, alors lançons-nous dans ce genre d’exercice dont la contrainte se révèle finalement assez amusante. J’ai donc participé au Top Des Blogueurs, qui est le résultat d’un vote collectif. Je l’aime bien ce top (Ramona Falls en premier, voilà une bonne surprise), même si des fois il y a des choix que je ne comprends pas trop (Aufgang ? Marie-Flore ?). Maintenant venons-en à une partie un plus égoïste, avec mon top musical de l’année 2009. Une année qui fut assez partagée pour moi, musicalement parlant, naviguant entre des gros morceaux de folk-psychédélique, de la pop fine et racée, du rock garage noisy qui fuzz ou encore des trucs expérimentaux.
Voici donc la sélection des quinze albums que j’ai gardés pour cette année :
Sunn O))) – Monoliths & Dimensions
Grizzly Bear – Veckatimest
Akron / Family – Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free
The Pains Of Being Pure At Heart – s/t
Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle
Six Organs Of Admittance – Luminous Night
Wooden Shjips – Dos
Sonic Youth – The Eternal
Centenaire – 2 (The Enemy)
Lou Barlow – Goodnight Unknown
Tortoise – Beacons Of Ancestorship
Jim O’Rourke – Visitor
Bonnie ‘Prince’ Billy – Beware
Dälek – Gutter Tactics
The Flaming Lips – Embryonic

Commençons par le choix de Sunn O))) en tête de classement, que j’avoue avoir mis là un peu pour trancher avec d’autres sélection, mais aussi en regard de la qualité de ce grand disque sombre, noisy, et ambiant. Enfin, surtout parce que je l’ai beaucoup écouté dans certains moments difficiles, et paradoxalement cet album m’a procuré beaucoup de bien, me plongeant comme dans un état second, me permettant de repartir sur de meilleures bases, comme nettoyé de l’intérieur par ces drones distordus.
En deux j’ai mis Grizzly Bear, je ne reviendrais pas sur le grand moment de pop qu’est ce disque (confirmé en live à la Route du Rock d’ailleurs), que j’ai préfèré par rapport au « Merryweather Post Pavillion » d’Animal Collective. Ces derniers ne figurent d’ailleurs pas dans mon top, leur album m’ayant moins convaincu que les précédents …

En troisième position j’ai gardé Akron / Family, un groupe de folkeux vraiment psychédélique, légèrement Hippie, dont j’ai vraiment beaucoup écouté le disque cette année lors de moments de doutes, un peu comme le Sunn O))), et qui m’a souvent remis d’attaque. Sur ce point-là d’ailleurs, je vous recommande chaudement le tryptique The Alps & Their Orange Evergreen, Set’Em Free et Gravelly Mountains Of The Moon …
Sinon j’ai gardé quelques artistes plus vieux, aux compositions très boisées, toujours passionnantes à écouter, comme Bill Callahan, Lou Barlow, ou encore Bonnie ‘Prince’ Billy. Si les deux derniers n’apportent rien de nouveau à une carrière musicale de 15 ou 20 ans, la qualité de leurs disques n’en demeure pas moins le signe d’une excellente santé de leur songwriting. Enfin pour ce qui est de Bill Callahan, il vient juste de signer l’un de ses plus grands disques avec « Sometimes I Wish We Were An Eagle ».
Au rayon du rock, j’ai craqué pour le garage-psychédélisle-proto-punk de Wooden Shjips ; leur « Dos » est une gigantesque claque hypnotique, gavé de fuzz et de distorsions, un grand disque rock comme j’aimerais en écouter plus souvent … J’ai gardé aussi le Sonic Youth par habitude, le Flaming Lips parce qu’il est un peu plus barré que les précédents, le Pain Of Being Pure At Heart parce que c’était mignon …

Pour finir, trois perles folk ou rock et légèrement expérimentales : « Luminous Night » de Six Organs Of Admittance ainsi que « Visitor » de Jim O’Rourke, et “2 (The Enemy)” de Centenaire. Trois disques aux superbes mélodies simples et belles, qui risquent de rester encore un moment dans mon IPod, quand l’année 2010 démarrera …
Voilà c’est tout pour cette année, j’espère que je vous aurais fait partagé quelques bons disques en 2009, il reste encore deux ou trois disques à voir, avant de partir de bons pieds pour l’année prochaine …
A lire aussi :
- L’année 2007 et 2008
- L’année 2006
- L’année 2005
- L’année 2004
- L’année 2003
- L’année 2002
- L’année 2001
- L’an 2000
Par Mathieu
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Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :
Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d’un classement des meilleurs albums de l’année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l’identique sur tous nos blogs !
St Vincent – Actor
Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier)
Marie-Flore – More than thirty seconds if you please
Arbobo : Le parcours de trop de “grands” a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c’est rare de faire des débuts aussi bluffants. L’air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standard, son sens de la mélodie et sa voix sortie d’un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu’elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F)
The Tiny – Gravity & Grace
Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu’elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d’émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d’oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d’Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel)
The XX- S/T
Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul)
Fever Ray – Fever Ray
Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteint dans cet album sonne comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod)
Benjamin Biolay – La Superbe
Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS)
Dominique A – La Musique
Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte,à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit)
Current 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain
Mr Meuble : Album à l’image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l’apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist)
Converge – Axe to fall
Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)
Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle
Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l’image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d’une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault)
DM Stith – Heavy Ghost
Disso : Cet album est un chef d’œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l’air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d’une troupe céleste, nous envoute avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan)
The Limes – S/T
Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo)
Vic Chesnutt – At the Cut
Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient… (A lire également la chronique de Thomas)
Cougar – Patriot
Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l’intensité fleuve d’un Do Make Say Think tout en s’accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin)
Aufgang – S/T
Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Violette)
Danger Mouse & Sparklehorse – Dark Night of the Soul
Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju)
Fuck Buttons – Tarot Sport
Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l’essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidés par la production d’Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d’un moteur d’avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie)
Animal Collective – Merriweather Post Pavilion
Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François)
Grizzly Bear – Veckatimest
Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien)
Ramona Falls – Intuit
Lyle : Qui l’aurait cru en début d’année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d’un tas d’amis, a mis de l’ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d’être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault)
Les participants au Top des Blogueurs 2009 :
Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son : avec Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylones ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes
Vous pouvez retrouvez l’intégralité des disques cités dans le classement ici
Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa
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En cette fin d’année, on sent venir la fatigue, telle une chape de plomb qui s’écrase sur nos épaules. Difficile alors de se laisser encore entrainer par quelques musiques sombres et expérimentales, le besoin de groupes jetables se fait alors ressentir. Comme pour mieux se préparer au froid, on se réchauffe avec le premier groupe de pop venue, proposant une formule plutôt bien ficelée, à défaut d’être inoubliable.
C’est le cas de Throw Me The Statue, groupe de pop-folk mené par Scott Reithermann, dont voici déjà le deuxième album, « Creaturesque». Depuis « Moonbeam », le son est un peu plus carré, moins lo-fi, les guitares plus électriques, moins acoustiques, les rythmiques mieux maitrisées et la voix mieux placée. L’immédiateté des morceaux a de quoi plaire, que ce soit dans la maitrise d’un songwriting efficace que dans les influences efficaces affichées au gré des morceaux, piochant allégrement chez Grandaddy ou encore les Guided By Voices. L’inaugurale Waving At The Shore ouvre grand les fenêtres et rêve encore d’un pop racée qui trônerait en tête des charts. Une belle bouffée d’oxygène, vite inhalée, mais vite oubliée de par son manque cruel d’originalité …
La suite se fait un peu plus personnel avec Pistols, où Scott Reithermann pause une guitare folk sur une boite à rythme tout en retenue. C’est assez efficace et touchant, sans pour autant nous transporter complètement, mais avec la fatigue de fin d’année, on se laisse finalement prendre au jeu. Tag en remet une couche comme le titre d’ouverture, mais alors que l’on s’attendait à un nouveau titre plus calme Acestors nous sort quand même une basse fuzz et mélodique que n’aurait pas renié un Jason Lytle en son temps, d’autant plus que le titre est appuyé par un joli intermède joué à la guitare acoustique. Enfin il y a Hi-fi Goon, qui est indéniablement le meilleur titre du disque, avec ses guitares 90’s, son synthés qui fait doudoudou et la voix de Scott Reithermann, aigue et légèrement laidback ; voilà qui a de quoi emballer nos oreilles en suggérant une référence très forte du côté de Pavement.
Throw Me The Statue ne sera donc pas le groupe de l’année, encore moins de la décennie, mais on se le gardera dans un coin car il aura su nous tirer un peu de notre léthargie à l’approche de l’hiver. Un disque que l’on aura vite écouté et vite rangé avec beaucoup d’autres, que l’on ressort parfois, pour mieux se souvenir de ces quelques moments, comme une photo volée prise dans l’instant avec une certaine précipitation …
Par Mathieu
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Je veux bien l’avouer, le Hip-Hop et moi ça fait deux. Si je regarde les disques que j’ai dans ce genre là, ça reste du très classique : « It Takes A Nation Of Millions To hold Us Back » de Public Enemy, « 3 Feet High And Rising » de De La Soul, « Black Sunday » de Cypress Hill, quelques Beastie Boys, et un petit peu de MF Doom. Du très bon, mais autant dire pas grand chose par rapport à la quantité de disques de Hip Hop produits … J’aime lorsque cela vient avec des ambiances assez lourdes, sombres, et old-schools, c’est à dire assez loin du bling-bling pute-et-coke-devant-la-piscine des années 90, ainsi que les mélanges électro-auto-tunés des années 2000. Et dans le genre old-school, le dernier disque de Dälek, « Gutter Tactics », est vraiment très bon.
Dälek, c’est un peu la rencontre entre Public Enemy et My Bloody Valentine, et le combo traverse allégrement quelques frontières entre Hip-Hop dur et ambiances noisy. Sorti chez Ipesac, le label de Dave Patton, « Gutter Tactics » permet à MC Dälek d’envoyer un flow au phrasé techniquement irréprochable et impressionnant de noirceur. Les textes énumérent la liste des diverses horreurs et injustices que les USA ont pu produire ces cinquantes dernières années, notamment avec l’inaugural Blessed Are They Who Bash Your Children’s Heads Against a Rock qui prend à la gorge sans qu’on reprenne son souffle, ou encore Los Macheteros/Spear of a Nation qui décrit le nombre de cruautés commises en Afrique du Sud pendant le gouvernement de l’Apartheid.
La production d’Oktopus n’est pas en reste, accentuant parfaitement la noiceur des textes. Il suffit de poser une oreille sur les imparables No Question ou encore Armed With Krylon pour se laisser embarquer par un hochement de tête quasi automatique. On retrouve aussi sur Street Diction ces quelques grincements sur-aigus placés judicieusement entre deux beats pour en devenir définitevement entêtant. Mais la palme du titre le plus dark de « Gutter Tactics » revient quand même à Who Medgar Ever Was … avec ces rythmiques alourdies sur lesquels viennent se poser des infrabasses caverneuses ainsi que des samples sur-saturés évoquant divers groupes de shoegazing ou de noise. Enfin on aura juste le temps de souffler avec le très calme, mais désepéré, A Collection Of Miserable Thoughts Laced With Wit, où un clavier vaporeux vient progressivement nous apporter une bouffée d’oxygène au milieu de cet univers glauque.
Entre intégrité old-school et puissance sonore noisy, « Gutter Tactics » est donc le disque de Hip-Hop que j’attendais, et l’un des albums les plus puissants que j’ai entendu cette année. De quoi donner envie de se pencher rapidement sur le reste de la discographie de Dälek … En prime je vous propose un lien pour écouter l’album sur Spotify et une jolie vidéo d’un live de l’album “Absence”.
Par Mathieu
Publié dans Chroniques musicales | Taggé Dälek, Gutter Tactics, Ipesac | 1 commentaire »

Peut-on répéter la même chanson, encore et encore, tout au long d’un album ? Si l’on regarde la carrière de Jay Mascis et son Dinosaur Jr, ou encore les derniers albums de Weezer, alors on est effectivement tenté de répondre par l’affirmative. C’est d’ailleurs dans cette voie toute tracée que les Baddies se sont insérés. Ce quatuor anglais, formé en 2007, s’est donc approprié une formule musicale très orientée autour de la power-pop, et nous en propose toute une tartine sur leur premier album « Do The Job ».
Non pas que le résultat soit désagréable, bien au contraire, l’ensemble s’écoute sans déplaisir. Les Baddies y vont bon train avec leurs hymnes potaches que sont Tiffany … I’m Sorry, Open One Eyes, ou encore At the Parties. On y entend tout au long de cet album des guitares bien saturées et grassouillettes, comme déterrées des nineties, des basses qui ronflent, des batteries gonflées aux stéroïdes et surtout la voix survitaminée de Michael Webster qui évoque un curieux mélange entre celles de River Cuomo de Weezer avec Tim Kaser de Cursive croisées avec celle de Dexter Holland de … Offspring.
La formule est efficace, et donne dans son ensemble un album cohérent, un peu trop peut être à mon goût, tant les morceaux se ressemblent souvent, et malgré la force de frappe des Baddies, on pousse parfois un bâillement de lassitude devant l’immense uniformité des titres. On imagine alors différentes options pour la suite de la carrière des Baddies : un deuxième album identique au premier, mais sans l’effet de surprise, un troisième, celui de la consécration, où le groupe découvre les cuivres et les violons, puis une suite d’albums qui peinent à retrouver l’éclat du début, jusqu’à un dixième salué par les critiques acharnés qui ont découverts, aimés repoussés puis redécouverts les Baddies. Ou pas …
Pour le moment, nous n’en sommes qu’au premier disque des Baddies, qui demeure plutôt sympatique ; à défaut de plus d’entousiasme, c’est la fin de l’année et je fatigue en dythirambe, je garderais ce « Do The Job » comme un bon petit album sympatique qui ne révolutionnera pas nos repères musicaux. Un disque qui se contente encore de faire juste son job …
Par Mathieu
Publié dans Chroniques musicales | Taggé Baddies, Do The Job, Offspring, Power Pop, Weezer | Laisser un commentaire »

Trouver des bons vinyles pour pas trop cher, au milieu d’un bac improbable est souvent gratifiant. Dans ce cadre, le rayon occasion de Gibert Joseph (Le Bleu, pas le Jaune) fait partie de ces endroits où l’on découvre parfois une jolie découverte, cachée là au milieu de tout un tas de vieux disques mal foutus, comme un signe des temps passées. Car le rayon des vinyles d’occasion de Gibert est une anomalie spatiotemporelle où l’on retrouve quelques perles au milieu de vieux disques d’Accept ou Rick Ashtley. Cet endroit est aussi le moyen de faire quelques bonnes affaires, puisque tous les disques sont à 6 euros, autant dire pas grand-chose par rapport à ce que l’on peut trouver dans le neuf.
Repartir de là-bas avec une bonne galette tient à peu de chose ; un vendredi soir, le coup de chance, un vendeur avait déposé des vinyles d’occasion, je regardais dans le tas, où je dénichais « Mutation » de Beck, état presque neuf, et surtout une rareté, car si on excepte les rééditions, les vinyles des années 90 se font rares, tant cette décenie était plutôt une période de vache maigre pour ce format. Pour moi Cela reste le dernier bon Beck (ahah), très folk, plutôt calme, avec beaucoup de passages au clavier, joué par Nigel Goldrich, qui produit aussi le disque. Beck y excelle comme songwriter avec des titres très personnels, et je me laisse toujours aussi facilement entrainer par les effets bénéfiques et reposants des tonalités de Cold Brains et Nobody’s Fault But My Own.
Mettre la main sur du Crosby, Still, Nash & Young est assez facile, le bac d’occasion de Gibert est remplie de leurs pires disques, et autant vous prévenir, il n’est pas toujours facile d’y repartir avec « Déjà Vue », mais une fois je suis tombé sur la compilation « So Far », où l’on retrouve quelques titres que j’apprécie beaucoup de ce super-groupe : Helplessly Hoping, Find the Cost Of Freedom, Woodstock, Suite : Judy Blue Eyes, Wooden Ships et surtout deux énormes morceaux de Neil Young avec Helpless et enfin Ohio, enregistré pour un single, en réaction au massace de l’université de Kent State, où la garde national avait tiré sur des étudiants.
L’état de la pochette était assez incertain, mais ça convenait parfaitement au « Never Mind The Bollocks » des Sex Pistols que je dégotais aussi par hasard. Je ne suis pas un grand fan des Pistols, mais les singles que sont God Save The Queen et Anarchy In The UK demeurent des bombes punks toujours aussi libératrices et destructrices. Inutiles de préciser que sur vinyle ça tape encore plus fort que sur CD, et qu’à 6 euros, il aurait été dommage de s’en passer …
Mais l’ultime coup de chance arriva un samedi matin, où je tombai sur « First Issue » le superbe premier album de Public Image Limited, le second groupe de Johnny Lydon, que je préfère largement au Sex Pistols. La version CD que je possède a un son dégeulasse, et surtout les titres ne sont pas dans le bon ordre. Cette version vinyle est dans un très bon état et redonne ses lettres de noblesse à ce chef d’œuvre de post-punk, surtout en replaçant la basse caverneuse de Jah Wobble au centre de cette musique qui sonne comme du dub froid, animé par la voix de muezzin de Johnny Lydon et les guitares torturées de Keith Levene.
Enfin, j’ai eu aussi la chance d’acquérir dans un bon état le « Recent Songs » de Leonard Cohen, qui est le dernier album folk du bonhomme, avant qu’il ne découvre le synthétiseur. L’inaugurale The Guests est toujours aussi superbe. A noter aussi The Lost Canadian, chanté en français par Leonard Cohen … Un bon album, qui n’est pas le plus connu du songwriter canadien, et qui est un peu plus rare à trouver que les autres, que je vois parfois passer dans un très très mauvais état.
Voilà, le rayon vinyle de Gibert est un endroit qui ne paye pas de mine avec ses livres de classe et ses disques un peu pourri, mais j’aime bien y passer de temps en temps, pour forcer un peu le destin, dans l’espoir de repartir avec une jolie prise …
Par Mathieu
Publié dans Chasse aux vinyles | Taggé Beck, Crosby, Leonard Cohen, Nash, Public Image Limited, Sex Pistols, Still, Young | 2 Commentaires »

Lorsqu’il émergea de sa torpeur, il fût prit d’un terrible mal de crâne ainsi que d’horribles sifflements dans ses oreilles. Le temps de reprendre un peu ses esprits, il se rappela qu’il portait une chaine autour du poignet, cette dernière était encastrée dans le mur. Autour de lui, c’était quasiment l’obscurité, et c’est à peine s’il pouvait voir, là enchainer dans cette pièce, un matelat, une assiette sale avec un reste de nourriture. Un gigantesque mur d’amplis avait été placé autour de lui, et tout à coup ce bruit retentissant l’aggressa jusque dans ces tripes. Cela recommençait, encore et encore, l’album « The Resistance » de Muse ; un zapping entier sur le disque, pendant des heures et des heures. Le volume était tellement fort, la musique tellement insupportable qu’il commença à se cogner la tête contre le mur, tout en vomissant le plat dégueulasse que son kidnappeur lui avait forcer à manger hier soir.
Il ne savait plus combien de temps il était là ; sans lumière du jour difficile de savoir si cela faisait une journée ou une semaine qu’il était enchaîné. Sur le hip-hop new-wave boursoufflé de Undisclosed Desires il reprit ses esprits et se rappela comment il était arrivé ici. Il prenait un verre avec d’autres chroniqueurs musicaux, c’était la fin de l’année, chacun faisait son petit bilan de disques préférés, et inévitablement tous se mirent d’accords sur la médiocrité du dernier album de Muse, là dessus les blagues allaient bon train. Puis à un moment, il s’était retrouvé seul dans ce bar, à prendre une dernière bière. C’est alors qu’il l’avait vu, ce grand type un peu renfermé, qui venait de s’asseoir à côté de lui. Sans trop savoir comment, la conversation entre eux deux avait commencé, puis le grand type lui avait offert un autre verre. Maintenant il s’en mordait les doigts, il se disait qu’il aurait dû partir tout de suite, à moins que la fatigue et l’alcool ne l’avait pas fait réagir lorsque le grand type avait fait un mouvement bizarre prêt de son verre …
Il avait été drogué puis enchainé dans cette pièce pendant son sommeil. Plus tard il fut réveillé au son de Resistance de Muse, le volume était tellement fort qu’il ne pouvait tenir plus de trente secondes sans hurler. Trop élevé, le volume sonore et la musique hideuse l’avait plongé dans un état second et il s’était recroquevillé sur lui même, comme un fœtus. Puis la musique s’était arrêtée, il s’en souvient, s’était juste après le mièvre I Belong to You (Mon coeur s’ouvre à ta voix), et le grand type était rentré dans la pièce. Il avait une hache à la main et un regard pénétrant, et le prit par le poignet. Le grand type lui avait dit qu’il avait lu sa chronique sur Muse, toutes les blagues à propos du rock pompeux et progressif, et le fait que Matthew Bellamy, LE GRAND MATTHEW, copie Queen ou encore Marillion, que c’était rien que du rock progressif de merde. Le grand type lui avait dit que ce n’était pas acceptable d’écrire des choses pareilles sur la musique DU GRAND MATTHEW, que de toute façon en tant que chroniqueur, il était bien incapable de faire pareil que LE GRAND MATTHEW. Il avait commencé à bredouiller que cela n’avait rien à voir, mais le grand type avait brandi sa hache, et il s’était mis à hurler NOOON !! Le sang coulât et il perdit son index et son majeur de la main droite, sa vision se troubla et avant de s’évanouir il entendit le grand type dire « Je te ferais remporter une victoire sur toi-même, tu aimeras Muse ».
Depuis il était enfermé là, dans la cave du grand type, le fan fou de Muse. A un moment la musique s’arrêté, et malgré lui il se mit à penser à la chanson des Smiths There Is A Light That Never Goes Out. C’était son ultime acte de résistance avant que la musique ne redémarre, cette fois c’était différent, c’était pire, c’était Jeunesse Leve toi de Saez, il se mit alors à pleurer car sa torture mentale et musicale ne faisait que commencer …
Par Mathieu
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